• Une gestion prévisionnelle à la peine

La Cour des comptes formule dans son rapport intitulé « L’accueil des enfants de moins de 3 ans : une politique ambitieuse, des priorités à mieux cibler », présenté le 28 novembre dernier, de nombreuses recommandations, dont la mise en place d’une gestion prévisionnelle des effectifs d’assistantes maternelles qui devrait s’appuyer sur une meilleure connaissance de l’offre d’accueil réelle. En effet, la gestion des emplois d’assistants maternels est complexe, dans la mesure où le nombre de ceux qui accueillent effectivement des enfants à leur domicile est difficile à appréhender. S’ajoute une importante rotation dans le métier.

Par ailleurs, les présidents des conseils généraux, chargés de l’agrément des assistants maternels sur avis motivé des services de la protection maternelle et infantile (PMI) n’ont aucune marge de manœuvre en termes de régulation des flux, dans la mesure où le législateur leur fait obligation de délivrer un agrément à toute personne qui en fait la demande et remplit les conditions pour exercer ce métier. « Dans ces conditions, la gestion des effectifs relève moins d’une anticipation des besoins d’accueil que d’un traitement du flux de demandes d’agrément sur la base exclusive de critères techniques auxquels doivent répondre les candidats » soulignent les auteurs du rapport. Par ailleurs, on constate que les assistants maternels ne se situent pas nécessairement là où des besoins de garde sont identifiés, mais plutôt sur les territoires où de nombreuses personnes sont en recherche d’emploi. C’est notamment le cas dans les zones urbaines sensibles, pas toujours attractives pour les parents à la recherche d’un assistant maternel.