• Quand la petite enfance trinque…

La petite l’enfance ne semble plus être désormais un enjeu de la démocratie municipale mais faire les frais de la rigueur budgétaire. Cela semble du moins être le cas pour la nouvelle municipalité de la ville de Savigny-sur-Orge, dans l’Essonne, qui a annoncé le 11 avril dernier, dans le quotidien Le Parisien, la fermeture de sa crèche familiale (qui sera remplacée par un Ram, dont les services ne sont pas les mêmes), dans le cadre du vote du budget municipal, placé sous le signe de la rigueur et du désendettement de la collectivité.
Un cas qui n’est pas isolé puisque le 5 mai dernier, la ville de Lisieux, où les parents se sont mobilisés, a annoncé la fermeture de sa crèche familiale et le licenciement de 17 assistantes maternelles. Des décisions qui dessinent une tendance lourde des collectivités territoriales, qui dans un contexte de baisse des dotations et des attributions de compensation, sont contraintes à arbitrer et à redéfinir leur mission dans le domaine de la politique familiale.
Soulignons toutefois que la compétence petite enfance n’est pas obligatoire pour les villes et reste facultative même si elles sont des acteurs incontournables et largement engagées dans les financements avec environ les deux tiers des EAJE (établissements d’accueil du jeune enfant), gérés par des communes ou des intercommunalités et qu’elles fournissent des aides financières à d’autres structures. Leurs obligations portent surtout sur les écoles, leur coût d’entretien et de fonctionnement, leur personnel d’entretien ou les Atsem même si dernièrement la réforme des rythmes scolaire a accentué encore leur responsabilité avec la mise en place des activités périscolaires. Il n’empêche que le désengagement des communes dans le domaine de la petite enfance inquiète toujours et un signe alarmant qui laisse présager une accentuation de ce phénomène.
Or même si la petite enfance et la jeunesse ne sont certes pas les deux seuls secteurs à pâtir de choix budgétaires radicaux, protéger la petite enfance, c’est faire le pari que cette période est primordiale et nécessite des investissements à la hauteur de l’enjeu qu’elle représente. Car on le sait bien désormais : la petite enfance est porteuse de bénéfices sociaux, économiques et éducatifs à court et long terme. L’État a d’ailleurs prévu dans sa convention d’objectifs et de gestion (COG), signée en 2014, la création de 275 000 nouvelles places d’accueil pour lutter contre leur pénurie.